Annie Charland Thibodeau et Stéphanie Auger 

ARTISTES EN RÉSIDENCE

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////////////BIOGRAPHIE

Annie Charland Thibodeau

Annie vit et travaille à Québec où elle a suivi une formation en sculpture. Elle détient également une maîtrise en arts performatifs de la Iceland University of the Arts / Listaháskóli Íslands. Son travail a été présenté au sein de divers événements et expositions individuelles au Québec, notamment au centre Bang, au centre Regart, chez Axenéo7, chez Circa art actuel et au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. En outre, elle a pris part à des résidences d’artistes et présenté son travail à l’étranger : en Irlande, en Italie, en Islande et en Slovénie. 

https://www.anniecharlandthibodeau.com

 

Stéphanie Auger

diplômée en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval, Stéphanie Auger a déjà une feuille de route bien fournie, ayant présenté son travail dans le cadre de l’exposition « Banc d’essai, 8e édition », à la Galerie des arts visuels (2013), l’encan du Lieu (2014), l’exposition  Les anneaux de Saturne  (2015), le festival  Périphérique (2015) ainsi que l’exposition du 5e anniversaire de l’Espace Parenthèse (2015). Récipiendaire de la bourse  Vigie  à la fin de ses études en 2014, elle est également lauréate provinciale du concours national  1ères œuvres de BMO  (2014).

///////// DÉMARCHE ARTISTIQUE

Annie Charland Thibodeau

Sa pratique en sculpture se développe autour d'une exploration du potentiel performatif de la monumentalité et de la matérialité des objets : ses installations invitent au déplacement en leur sein, font écho à leur environnement d'accueil (lumière, architecture, paysage) et se dévoilent au rythme de ceux qui les habitent.  Sa méthodologie de recherche prend ancrage dans des expéditions de repérage de carrières de pierre abandonnées et actives, le collectionnement et la re-présentation de matériaux à la forte charge monumentale (calcaire, granit, marbre). Se matérialisent des propositions qui, malgré leur stature imposante, sont surtout douées du pouvoir d’activer notre rapport à l’espace, de nous ouvrir comme de nous révéler à notre environnement ; des propositions monumentales momentanées, modulables et équivoques. Elles prennent la forme d'intervalles contemplatifs qui me permettent d'aborder des concepts abstraits tels que le temps et la spatialité.  Cet arc de recherche s'intéresse au processus entier d'édification du monument : de la trace pérenne de l'extraction rocheuse jusqu'à la longévité des sites mémoriels. Il réoriente notre attention de l'objet à sa présence.

 

Stéphanie Auger

Sa pratique se situe principalement dans les champs de la peinture, du dessin et de l’installation. En puisant dans son rapport au territoire et à son environnement, elle cherche à transposer de façon minimale certaines impressions, mettre en valeur certaines perceptions liées entre-autres à la couleur, à la lumière, au vaste. Elle s’intéresse aux techniques de fabrication de peinture. Elle cherche à maîtriser la composition et la fabrication de ses couleurs, en s’inspirant, détournant ou respectant ces méthodes, entre autres grâce à un réapprentissage et une réappropriation de techniques traditionnelles. Elle peint et dessine le plus souvent sur papier des formes monochromes, denses. Elle produit dans une approche minimale, rapide, attentive, cherchant une frontière mince et tendue entre la fragilité des surfaces peintes, la précarité des dispositifs, et la résistance de la matière, sa densité envahissante et son pouvoir réminiscent. Par un processus de soustraction, elle s’interroge sur l’équilibre sur lequel repose la structure d’une œuvre. Elle recherche le moment où ces objets de papier, une fois installés, imposent à la fois une sorte de nouvelle présence, tout en portant les traces dans le temps des gestes posés de façon intuitive mais définie. 

//////////DESCRIPTION DU PROJET DE RÉSIDENCE​
Au printemps 2018, Stéphanie Auger a pris part à une résidence d’artiste en duo à la Interface Residency dans l’Inagh Valley en Irlande. Le point de départ de la recherche effectuée était l’extraction et la transformation de la couleur d’une fleur tinctoriale : ressource spécifique du territoire irlandais printanier. En résultèrent des explorations installatives s’inscrivant dans une réflexion sur le paysage de la région ; des recherches techniques, traditionnelles et éthiques sur les pratiques tinctoriales locales. En 2020-2021, Annie Charland Thibodeau s’est établie à Reykjavík en tant que candidate à la maîtrise à la Iceland University of the arts. Dès lors, des rencontres répétées avec le géologue Snæbjörn Guðmundsson ont nourri ses recherches. Plus spécifiquement, l’exploration du phénomène géologique de réseaux de polygones, caractéristique du volcanisme basaltique islandais, a été insufflée à la conceptualisation de ses objets sculpturaux monumentaux. Notons ici des échos manifestes entre les deux pratiques: une sensibilité particulière aux spécificités territoriales, une méthodologie de re-présentation de phénomènes naturels par une approche équivoque, une démarche ancrée dans l’expérience du territoire.
 
De fait, La Virée Résidence — Destination Basse-Côte-Nord se présente comme la parfaite occasion de nourrir ces connivences dans leurs recherches récentes, en entamant une démarche commune. Dans une volonté de briser leur perception linéaire de la Côte-Nord, instaurée par les axes de circulations routiers et maritimes, elles souhaitent travailler autour des tourbières qui parsèment l’arrière-pays, bordant les communautés. Elles envisagent d’articuler leurs recherches autour d’une exploration pluriforme des tourbières sèches : ces tourbières ombrotrophes qui sont caractéristiques des conditions microclimatiques de la Basse-Côte-Nord. Elles portent un intérêt particulier à la présence du fer natif et à l’action de la glace sur la croissance des mousses dans l’arrière-pays, qui génère des réseaux distincts de polygones de tourbe. La présence de cette ressource spécifique et l’occurrence de ce phénomène distinct au cœur du même territoire justifient la réunion de leurs pratiques pour une période de recherche en Basse-Côte-Nord. Plusieurs acteurs pourraient être mis à contribution dans ce projet, notamment des chercheurs universitaires en milieux humides et des organismes scientifiques locaux. À leur contact, elles visent une récolte non-intrusive de matériel de recherche (documentation, données) pouvant engendrer un projet de création.

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Ce projet est réalisable grâce à l’appui du Programme de partenariat territorial de la Côte-Nord (la MRC de Sept Rivières, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et le Conseil des arts et des lettres du Québec) et le partenariat avec Voyages Coste.